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  Le développement de la structure psycho affective de l'enfant

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Oussama
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MessageSujet: Le développement de la structure psycho affective de l'enfant    Lun 6 Déc - 21:58

Le développement de la structure psycho affective de l'enfant
Introduction

A travers des différents systèmes théoriques proposés pour décrirele développement psycho affectif de l'enfant certain sontcomplémentaires et permettent en les associant d'avoir un début decompréhension des processus de structuration et de maturationpsychique. Ce document se présente comme une étude de certain de cessystèmes en suivant la progression du développement de l'enfant dansses premières années.
Ainsi les théories d'auteurs incontournables seront évoqués : le développement libidinal de S. Freud, celui du moi de M. Klein, celui de l'intelligence de J. Piaget
L'implicationde la petite enfance dans les structures psychiques de l'adulte sontperçues comme fondamentales, dans le sens premier du terme, pour lespsychanalystes et certains psychologues.
Le graphique suivant nese veut en aucun cas scientifiquement fiable; Il permet juste de sereprésenter la dynamique de développement de la structure psycho-affective de l'enfant au fil des années.
C'estégalement suivant cette logique qu'est construit cet article: lespremiers mois étant nettement plus détaillés que les années suivantes.[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Chaque période sera découpée en trois partie: Ce que l'on voit de l'extérieur, qui renvoie à l'expérimentation directe avec l'enfant.
Ce que l'on sait qu'il se passe, qui correspond à l'analyse systémique de Piaget, un des fondateurs de la psychologie du développement de l'enfant.
Ce que l'on pense qu'il se passe, qui renvoie aux différentes théories psychanalytiques. Ces théories semblent avoir acquises une validation au fil du temps.Avant la naissance: l'enfant fantasmé

Un enfant ne peut pas être compris sans la matière première del'attente de ses parents : le fantasme. Avant même sa naissance,l'enfant est déjà imaginé, fantasmé et donc pré construit dans le désir des parents.
Unexemple parmi d'autre pourrait être la position de l'enfant à venirdans sa place dans la fratrie qui rentre en écho avec la fratrie duparent, produisant ainsi tout un cortège de parallèles et decomparaisons (ce qu'on appelle des projections).
Il est importantd'entendre que l'enfant est une partie de soi qui, normalement, noussurvie. On peut y voir un fragment de sa propre immortalité! Voyez cesparents qui veulent que leurs enfants réussissent mieux qu'eux, ouqu'ils fassent des choses qu'eux-mêmes auraient voulu faire lorsqu'ilsavaient leur âge. Entendons nous bien, nous parlons ici de la Lignée,de la survie de son espèce et ainsi d'un darwinisme fondamental etnécessaire.

Ceci étant, une partie du travail d'être parentréside dans l'acceptation de son enfant réel tel qu'il est et donc dudeuil de cet enfant fantasmé.
Ce n'est pas le sujet de ce présent article mais si cela vous intéresse, nous vous conseillons d'étudier l'hyper-adaptation, le faux self infantile, l'enfant-béquille, etc
Parl'interaction avec l'environnement, c'est le début de l'apprentissagede la différentiation émotionnelle qui se met en place.L'apport parental

Le rôle des parents est fondamental tant pour sa survie physique qu'émotionnelle.Tout au long des premières années de vie de l'enfant, les parents vontjouer un rôle étayant pour le développement du psychisme : parle holding (porter l'enfant), le handling ( manipuler l'enfant) etl'object presenting (lui présenter des objets) (notion winnicottienne), l'enfant va découvrir les limites de son corps et ainsi les limites entre moi et non-moi.

Parl'empathie et le langage, l'enfant va apprendre à se structurer; et parla triade parentale symbolique, l'enfant finira par découvrir ladifférence des sexes et des générations.
Cette triade est ditesymbolique parce que la Mère et le Père en psychanalyse ne sont pasforcément ces deux parents au sens propre. En fait il s'agit plus dedynamiques: le maternant qui s'occupe de l'enfant et le paternant quiincitera l'enfant à découvrir le monde par lui-même. Ainsi noustrouvons chez les deux parents des dynamiques des deux sortes. Cetteanalyse permet d'avoir un autre regard sur la monoparentalité ou surl'homoparentalité.

On peut le dire simplement, sans l'apport d'un environnement maternant et structurant l'enfant ne peut pas se développer.Pire, Spitz a découvert dans les orphelinats d'après guerre des cas deralentissement et d'arrêt du développement psycho-affectif chez cesjeunes enfants parce qu'ils étaient coupés de tout lien affectif. Parce Syndrome d'hospitalisme, certains enfants sont même morts de carenceaffective extrême.
Ajoutons juste que le nom de ce syndrome estmal choisi car il fait en fait référence à des situations enpouponnière et non à l'hôpital.Les débuts du nouveau né : les trois-quatre 1er mois

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Ce qu'on voit de l'extérieur


Les premières semaines de vie, le nourrisson dort presque toute lajournée. Il présente une hypertonie musculaire et une hypotonie axiale.
Au niveau perceptif, si sa vision reste encore très faible, ilsemble reconnaître le son de voix de sa mère grâce à l'apprentissageintra-utérin. Au fil des semaines, il se mettra progressivement à fixerles visages humains.
Ses gestes sont un ensemble désordonné deréflexes innés comme le grasping, le toussotement, la succion, lesmictions, la défécation, le gigotement, les pleurs, etc.
Essentiellementtourné sur son corps, le nourrisson émet une réponse émotionnelle auconfort, à la frustration, à la fatigue ou à l'angoisse. Il les exprimeà la fin du premier mois par des cris spécifiques, identifiables parses parents.Ce que l'on sait qu'il se passe

Selon Piaget cette période recouvre les 1er (0-1 mois) et 2nd (1-4 mois) stades de la période sensori-motrice (0-2 ans).
Desréflexes innés du premier mois, la structuration des schèmes moteursatteint progressivement un stade où les premières coordinations sontpossibles: le bébé coordonne grossièrement doigt, coude, épaule etbouche pour sucer son pouce.
C'est l'âge des réactions circulairesprimaires: le nourrisson prend plaisir à répéter les mêmes mouvements.Cette sollicitation répétée permet l'apprentissage et l'automatisme deces schèmes.Ce qu'on pense qu'il se passe à l'intérieur

Essayons de nous mettre à la place du psychisme émergeant en se basant sur les théories psychanalytiques.
A la naissance, le psychisme, fondamentalement, c'est le Ça:c'est des pulsions, des besoins. Cet aspect est perceptible à traversles cris et besoins du nourrisson. Mais c'est également l'âge de latoute puissance.

Pour comprendre cette toute puissance, ilfaut avoir à l'esprit ce que le nourrisson est en train de vivre. Ilest une conscience – qu'elle soit fragmentée pour les uns, en devenirpour d'autre -, et en cela il est un processus de centralisation etd'organisation des informations perçues. On peut résumer en disant « çaest ».

Il y a existence d'une conscience sans qu'elle puissepour l'instant se rattacher à une identité ni même à un corps. En celale nouveau né est tout puissant, simplement parce qu'à ce stade, saconscience n'a pas accès à ses propres limites physiques et encoremoins accès à l'existence des autres. Il est tout ce qu'il expérimente,c'est en cela qu'il est tout puissant.
Par l'accouchement, qui estpour certain théoriciens le premier traumatisme, le nouveau-né accède un état d'hyperstimulation constante. Avant, il était protégé dans lazone intra-utérine des trop fortes stimulations des sens. Désormais laconfrontation est directe. Et, à cette toute puissance s'oppose cesexpériences désagréables. Voici en substance la situation qui amènerale psychisme à développer ses premiers mécanismes de défense : incorporation et projection.

Pour Sigmund Freud,
par la naissance, le nourrisson entre dans le stade oral, le premier stade de l'évolution libidinale. Il dure de 0 à 1 an.
Leplaisir est lié à la zone bucco labiale, et essentiellement àl'alimentation. Karl Abraham qui approfondira la question divisera lestade oral en deux périodes, la première, de 0 à 6 mois, étant associéeà la succion, et la seconde, le stade sadique oral, liée à la morsure,qui va de 6 mois à un an. Il s'agit en substance de l'idée de manger oud'être mangé.
Le plaisir oral est dit autoérotique et selon Freud,la pulsion s'accomplit par le processus d'incorporation: le nourrissonintègre et par là-même devient ce qui le satisfait. Le bébé rassasiéest satisfaction.

Le psychisme passe d'un état où la notion mêmede désir n'existe pas, car dans le ventre maternel les apportsnutritifs sont constants, à un état où le désir prend sens à travers lafrustration d'une réalisation immédiate des désirs.
Le nourrissona une gêne qui est résolue au mieux par la mère. Et c'est justementdans cet intervalle de temps entre expression du manque etassouvissement du besoin que réside les premières séquences de ce quesera le Moi : la satisfaction hallucinatoire. Cette hallucination c'est la reviviscence des premières traces mnésiques de satisfaction.
PourFreud, le psychisme s'appuie sur les toutes premières traces desouvenir positif comme support pour contrebalancer le fait d'êtresubmergé d'angoisse. Ces premiers îlots de 'positif' seront les basesde l'idéalisation et de ce que sera l'identification, mais aussi lesles centres qui seront protégés par la projection.

Pour Freud, ces satisfactions hallucinatoires précoces sont l'origine de la construction du Moi.

Pour Mélanie Klein, psychanalyste qui a beaucoup travaillé sur la question, le nourrisson se trouve dans cette période dans la position schizo-paranoide.
Ellecorrespond à un moment où le psychisme se vit comme tout puissant, maisnon pas par un versant mégalomaniaque mais parce que le psychisme n'apas conscience de la différence entre lui et l'extérieur de lui (« lemoi et le non-moi ») et encore plus simplement, entre lui et sa mère.Ce n'est que bien plus tard que cette distinction est intégrée, pour lemoment, le psychisme est sans avoir conscience qu'autour de luid'autres psychismes sont présents... ni même encore conscience du sensde « autour de lui ».

A ce niveau de conscience, un malêtrevenant d'une lumière trop vive ou de la faim ne seront pas comprisescomme différentes, l'une venant d'un intérieur et l'autre d'unextérieur, les limites corporelles n'étant pas intégrées. Le psychismes'organise à travers de dynamiques rudimentaires qui correspondent ensubstance à absorber ce qui est bon et rejeter ce qui est désagréable.
Techniquement,M. Klein parle d'introjection et de projection pour signifierl'acceptation de l'agréable et le rejet du désagréable. La ligne dedémarcation entre ces deux « zones » correspond à la dynamique declivage.

Le rejeté se veut annihilé, et cette dynamique est appelé le déni.
Ainsi, selon M. Klein, on peut parler du « bon sein » et du « mauvais sein »,le premier étant celui qui nourrit et le second celui qui frustre depar son absence. Il n'a pas encore conscience que « ces deux seins »sont en fait une seule et même dynamique, une seule et même personne :la mère.

Dans cette période, parce que la satisfaction dépasse,normalement, l'insatisfaction, le psychisme infantile va s'identifiercomme étant une expérience positive. C'est ce sentiment de bien êtrequi va permettre une suffisamment bonne intégration des limites de soncorps et par là une densité psychique suffisante pour faire émerger unMoi.
M. Klein a émis l'hypothèse que des défaillances dans lastructuration du psychisme qui auraient lieu au cours de cette positionpourraient être les sources de troubles psychotiques ultérieurs. Lespathologies les plus importantes du psychisme seraient rattachées auxpériodes de fondation de celui-ci.De trois-quatre mois à six-huit mois

[b][Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image][/b]

Ce qu'on voit de l'extérieur

Au cours de cette période, le tonus s'améliore au niveau des membreset de son axe central. Les schèmes de coordination s'affine et le bébécommence a différencier les articulations des bras.
Il apprécie dese tenir droit et assis même si cela est encore fatigant pour lui. Ilcommence à s'affirmer dans son corps en tapant par terre ou dans l'eaude son bain qui devient un de ses terrains de jeu favoris.
A partirdu cinquième mois, son ouïe s'est affiné et il est attentif au moindrebruit. Le mois suivant cette même dynamique s'appliquera pour la vue.Par cette augmentation globale de la vigilance, son environnement adésormais un rôle important dans sa stimulation sensorielle etcognitive.

Pour intégrer le monde, il manipule avec ses mainset met tout ce qu'il peut en bouche. C'est le bon moment pour varierl'alimentation de l'enfant.
Moins symbiotique avec mère, il vamettre en place une relation privilégiée avec un objet, l'objettransitionnel, le fameux doudou, élément de monde extérieur qu'ilcontrôle et qui le rassure. A la fin de cette période, l'enfant sera unexplorateur à quatre pattes du monde environnant.

Il commence à montrer des expressions facialesd'émotions claires de joie ou de tristesse. Il les reconnaît sur levisage des gens qui l'entourent d'ailleurs dès trois mois il a eu lacapacité de différencier les visages familiers. Le troisième mois estégalement celui du sourire social, des premiers éclats de rire et despremiers gazouillis.
Progressivement, la discrimination despersonnes alentours et l'exploration de l'environnement poussentl'enfant à se confronter à la multitude des autres, à l'immensité dumonde. En un mot, il réalise la puissance du non-moi. C'est l'amorce de l'angoisse du 8ème mois.Ce que l'on sait qu'il se passe

Jean Piaget a appelé cette période de 4 à 8 mois le 3ème stade de la période sensori-motrice.
L'enfantse vit désormais distinct du monde extérieur et est capable d'actionintentionnelle. Il a accès à la permanence pratique (il revient à unobjet qu'il a laissé) mais pas encore à la permanence de l'objet ( ilne cherche pas un objet caché).
Maintenant, il fait des réactionscirculaires mais en lien avec des interactions avec le monde extérieurinitialement amorcées par hasard. Par exemple, il va toucher un jouetet le déplacer et reproduire ce geste, ce schème, de nouveau avec lasatisfaction … peut être de la facilitation du geste à travers lasimplification du geste.
Ce n'est que plus tard que le contact avec les objets est intentionnel.Ce que l'on pense qu'il se passe

Karl Abraham décrit cette période comme le stadesadique oral. C'est l'âge où les premières dents poussent. Elles sontdouloureuses et le soulagement vient en mordant. C'est l'expressiond'une agressivité nécessaire. On retrouve une expression de la violencefondamentale décrite par Bergeret, cette pulsion de vie qui détruit cequi est pour laisser place à ce qui sera. L'âge sadique anal correspondà la dynamique de détruire l'extérieur pour remplir l'intérieur.
Leprocessus d'alimentation est la métaphore qui participe à l'élaborationpsychique : l'acquisition psychique passe par la mise en bouche, par lemordillage.

Mélanie Klein considère le 4ème mois correspond à l'accès à la position dépressive. Cette étape peut être comprise comme la capacité de l'enfant à dépasser la position schizo-paranoïde.
Cettecapacité vient d'une structuration, d'une élaboration plus importantepar opposition à la position précédente où le psychisme était encorefragmenté.
Parce que complexifié, le psychisme peut intégrer desdistinctions plus subtiles que le clivage. D'un clivage positif/négatifdécoupant le réel, le psychisme peut désormais intégrer des clivagespartiels dans les objets ce qui amènera progressivement à développerl'ambivalence. On passe d'une relation d'objet partiel à une relationd'objet total.

Par la reconnaissance de sa mère en tant qu'objet distinct de lui,il prend conscience que ce qu'il considérait avant comme étant sapuissance ne lui appartient finalement pas. Quand il a faim, ce n'estpas lui qui rempli son besoin mais sa mère. Cette perte fondamentale depuissance amène à la dépression.
A cela, ajoutons que l'enfant adésormais intégré que sa mère est constituée tout autant du bon seinque du mauvais sein, comme vu dans l'étape précédente, ce quiprovoquera chez lui de grandes angoisses de perte d'objet. Le besoind'être à proximité de sa mère se fera plus pressant.
Cetteposition se retrouve dans le comportement de l'enfant à alterner lesséquences d'explorations de l'environnement et les séquences de retourà la mère. Plus la mère est rassurante et étayante, plus l'enfant sesent suffisamment fort pour aller explorer le monde.La fin de la première année

La fin de la première année correspond à la fin du stade oraldécrit par Freud, mais c'est également la fin d'autres périodesthéorisées par d'autres psychologues sur des versants nonpsychanalytiques.
Ainsi le 12ème mois correspond à la fin du 4ème stade de la période sensori-motrice de Piaget.A ce stade la coordination est intentionnelle et s'infère auxsituations nouvelles. C'est ainsi qu'il a accès à cette période à lacompréhension des premiers scripts de relation de cause à effet. Au niveau des objets extérieurs, ceux-ci ont acquis une constance mnésique. On parle de la permanence de l'objet. Mais si ces objets sont désormais activement recherchés, les stratégies sont encore défaillantes.Les deuxièmes et troisièmes années

Ce qu'on voit de l'extérieur

À un an, l'enfant pèse en moyenne 12 kg pour 80 cm. À la fin de cette période il mesurera 15 kg pour 90 cm.
Cestade est celui où l'enfant est un explorateur touche à tout quiapprend à marcher et ira jusqu'à courir dans tous les sens dès qu'il lepourra.
Il développe l'imitation comme la stratégiefavorite d'apprentissage. Progressivement il veut participer à ce quefont « les grands ». C'est à cette période qu'apparait le besoin depropriété.

Au début de la deuxième année, l'enfant s'exprime parmots-phrases, connaissant les noms de certaines parties du corps etd'objets courants. Les interactions avec d'autres enfants se mettent enplace
La troisième année marque le début de l'affirmation ducaractère de l'enfant. Il peut tester les limites des parents à traversdes crises de colères. De façon intéressante c'est également à cettemême époque que l'enfant développe des rituels du couché, l'enfantcommençant à avoir peur du noir.
À la fin de cette période,l'enfant s'autonomisera en commençant à s'habiller et à se savonnerseul. L'affirmation de son identité l'amènera à prendre conscience desdifférences des sexes, une des dynamiques initiatrice du stade œdipienque nous verrons plus loin..Ce que l'on sait qu'il se passe

Le début de la seconde année marque l'entrée dans le 5ème stadesensori-moteur théorisé par Piaget. L'acquisition des réactionscirculaires tertiaires signifie que l'enfant fait varier les schèmes deses répétitions en vue d'une optimisation du processus par unestratégie de type essai-erreur.
De 18 à 24 mois, l'enfant acquièrela capacité partielle d'élaborer cognitivement (mentalement) certainsscripts (enchainements d'actions) ce qui lui permet d'intervertire etde combiner différemment certaines séquences d'actions. C'est le 6ème stade sensori-moteur.

Lafin de la deuxième année est également celle de la périodesensori-motrice. La permanence de l'objet est complète ce qui signifieque l'enfant a compris qu'un objet sorti du lieu A pour être caché aulieu B n'était pas à rechercher au lieu A mais bien au lieu B.

Ledébut de la troisième année est également celui du stade préopératoire(2-6 ans). Par ce stade, l'enfant prend conscience de la différencefondamentale entre signifiant et signifié, avec le langage qui vas'affinant et se complexifiant mais également avec l'imitation quipermet l'accès au jeu symbolique.
En terme de schèmes de stratégied'intégration des savoirs, une filiation est perceptible entre lesréactions circulaires, où une action initialement aléatoire estrépétée, et les stratégies d'imitation, où les actions sont empruntéesà l'entourage avec comme base de compréhension la loi de causalité.

L'acquisitionde la permanence de l'objet permet d'avoir un contrôle sur la fonctionmnésique: l'objet perdure par la mémoire. Et ce qui vaut pour l'objetvaut également pour l'égo: ce stade est celui qui permet l'émergence del'égocentrisme.Ce que l'on pense qu'il se passe

Si la première année englobe la période qui a été nécessaire aupsychisme pour assumer la distinction moi-non moi, ce second stade dudéveloppement va être celui de sentiment de contrôle de cette limite.Ce stade commence par l'affirmation de soi par le « non » et seprolonge par le contrôle sphinctérien. Le sphincter est ce muscle quipermet, ou au contraire, empêche qu'une partie de soi s'extériorise.Encore une fois, c'est par l'apport environnemental que l'enfant vatravailler l'acquisition de la propreté. Autrement dit, l'étayageenvironnemental permet la prise de conscience du contrôle de laporosité de la membrane qui permet à l'enfant d'avoir une identité.

L'analitépermet de donner et de conserver. Les fèces ont alors le sens d'un donde soi, d'un cadeau fait aux parents. On peut même les voir comme lespremières créations de l'enfant, une production original et unique d'unsoi qui se construit et s'affirme.

Fondamentalement, ce stadeest celui du développement narcissique et de l'émergence du sentimentde puissance et des jeux de pouvoir qui vont avec.
Freud préciseraainsi ce stade par la dynamique sadique sous-jacente. Retenir ses fècesc'est aussi jouer avec l'attente de ses parents. De même, cettedynamique ne peut être comprise sans la double dynamiqueexhibitionniste/voyeuriste. L'acquisition des savoirs se fait plusdistale, l'enfant a moins besoin de manipuler les petits objets ou dela mettre en bouche, l'organisation neuro-cognitive du traitement de l'information visuelle est désormais aboutie et ce champ se narcissise au point de devenir un moyen de pouvoir.De trois ans à six ans et au-delà

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]À quatre ans,l'enfant a déjà structuré l'essentiel de son rapport à la réalité. Lesobjets sont constants, les interactions sociales sont un jeu demarchandage où le langage tient une position centrale. L'enfant saitsimuler des émotions et a accès au mensonge, en d'autres termes, il estcapable d'élaborer des stratégies lui permettant d'exprimer autre choseque ce qu'il ressent en premier lieu et cela pour atteindre un butsupérieur (p.ex.: ne pas se faire disputer, avoir plus de bonbons, etc).

Cette cinquième annéeest également le lieu d'une petite révolution. En fait il s'agit d'uneétape de l'évolution que seuls les humains semblent avoir atteint. Ils'agit de la théorie de l'esprit. Notion cognitiviste qui pourrait sedéfinir comme la capacité d'inférer chez l'autre la complexité d'espritqu'on a en soi. Si l'empathie traite de l'émotionnel et du sentimental,la théorie de l'esprit est plus vaste et englobe par la même l'empathie.

Cette notion centrale est à l'origine un concept de primatologie(cf. David Premack) qui s'est étendu aux différents champs de lapsychologie. Ainsi certain auteur, comme Simon Baron Cohen, voient dansl'autisme un déficit de ces théories de l'esprit.
Au niveau desthéories psychanalytiques, la période de trois à six ans contient l'âgeoù l'enfant, maintenant qu'il se considère comme un individu dans lemonde, va se définir par sa place dans l'arborescence sociale.
Lestade œdipien est celui de la différence des sexes et des générations.La différence des sexes induit une 'irrévocable' imperfection de soi etmontre la nécessité vitale d'une complémentarité avec un membre del'autre sexe.
Cette position théorique initiale marque de ce faitl'homosexualité comme étant, dans une certaine mesure et chez certainespersonnes, une stratégie de dénégation de cette incomplétude. Cettehypothèse, il faut le rappeler, est antérieure aux connaissancesactuelles sur l'omniprésence du comportement homosexuel dans la nature.A titre d'exemple l'organisation sociale des singes bonobo oùl'homosexualité des femelles a un rôle diplomatique central.

La différence des générationspermet à l'enfant de s'inscrire dans une filiation qui le dépasse etqui lui permet de s'enraciner dans une société qu'il découvreprogressivement. La période de l'œdipe, parce que l'enfant s'ouvre ausocial, est l'âge de l'intériorisation d'un ensemble de règles socialeset plus généralement d'autonomisation.
Reprenons la triade symbolique dont nous avons parlons au début et résumons ce qu'il s'est passé ces cinq premières années.

Audébut le bébé ne distingue pas ses limites et voit le maternant commesa puissance. Dans un second temps, il découvre que sa mère estdistincte de lui et l'enfant constate de sa dépendance.Progressivement, cette mère s'intériorise en souvenir rassurant etl'enfant commence à explorer le monde. Mais cette exploration ne sefait pas toute seule, elle est le fruit du paternant, c'est à dire dela dynamique paternelle de l'environnement. Symboliquement, le père estcelui qui met un terme à la relation fusionnelle mère enfant. Cettedynamique est celle qui incite l'enfant à investir le monde extérieur.En psychanalyse, le père est le symbole du monde extérieur, des autres,tous les autres en dehors de la relation fusionnelle à la mère.

Si la mère correspond au principe de plaisir (être couvé, nourri, en constante satisfaction sans effort), le père correspond symboliquement au principe de réalité (séparation,frustration et effort). La notion d'effort est fondamentale car par laconfrontation à l'effort, l'enfant découvre le plaisir du dépassementde soi.
En cela, le père est indissociable du processus intentionnel de sublimation.

Lasublimation pouvant se définir comme un dépassement des plaisirsprimaires pour atteindre des plaisirs secondaires. La sublimation estce qui permet au psychisme de prendre du plaisir à des stimulations quine répondent pas à des besoins fondamentaux. L'exemple facile est celuide la sensibilité artistique.

L'aboutissement du stade œdipien estla disponibilité de l'enfant à l'acquisition des savoirs. La période delatence commence vers six ans et correspond à une l'utilisation d'unegrande partie de l'énergie libidinale dans l'apprentissage. Cettedisponibilité libidinale (énergétique) vient du fait que l'espritmobilisait avant l'essentiel de son énergie à sa propre structurationet que par l'accession à l'égocentrisme puis à l'œdipe, l'esprit estsuffisamment stable et à moins besoin d'énergie pour se maintenir.

Lapériode de latence, décrite par Freud, est une position actuellementremise en question de par les grandes transformations sociales qu'aconnu l'occident depuis plus d'un siècle. Actuellement il sembleraitque les dynamiques adolescentes viennent de plus en plus précocement,bien avant les poussées pulsionnelles de la puberté.

Pour conclure, nouspouvons voir la puberté grâce à une petite métaphore. Elle pourraitcorrespondre à une augmentation de pression dans la tuyauteriepsychique, celle-là même qui a été structurée au cours de la petiteenfance et que nous avons partiellement décrite.

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MessageSujet: Re: Le développement de la structure psycho affective de l'enfant    Mar 7 Déc - 15:44

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MessageSujet: Re: Le développement de la structure psycho affective de l'enfant    Lun 25 Avr - 20:09

merci
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MessageSujet: Re: Le développement de la structure psycho affective de l'enfant    Lun 12 Déc - 23:24

merci b1.le sujet est tres riche en info.merci pour votre effort.aouatif
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MessageSujet: Re: Le développement de la structure psycho affective de l'enfant    

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